Le Grand Orgue de la Cathédrale de Meaux




Un premier orgue, vraisemblablement situé en bas, existait déjà en 1221, alors que la cathédrale était encore en chantier. Un deuxième instrument fut installé en 1515 sur la majestueuse tribune flamboyante de la fin du XV° siècle. De cet orgue Renaissance, il n’en resta rien car il fut très certainement détruit en 1561 par les protestants durant les guerres de religion.

Le grand orgue de la cathédrale Saint-Étienne de Meaux, dont on peut encore admirer aujourd’hui le magnifique buffet, est l’œuvre du célèbre facteur d’orgue Valéran de HÉMAN (1584-1640). Sa construction date de 1627.
Suite à d’importants travaux entrepris à la fin du XVIII° siècle par François-Henri CLICQUOT, facteur d’orgues du roi, trois générations du facteur DALLERY vont se succéder (Pierre, 1735-1812 ; Pierre-François, 1764-1833 et Louis-Paul, 1797-1875) afin d’assurer la pérennité de l’instrument jusqu’à la fin du XIX° siècle. En 1895, la maison BRISSET de Reims reprend le flambeau mais la grande vague romantique ampute le grand orgue, nouvellement restauré au goût du jour, des jeux de mutation et des pleins-jeux de style encore classique. L’instrument ne possède plus, en 1911, que 33 jeux répartis sur seulement 2 claviers et pédalier.

Si la restauration de 1934 par Victor GONZALEZ est menée à bien - restauration privilégiant le retour aux sonorités classiques d’antan avec conservation de quelques jeux symphoniques existants -, ce sont les problèmes soulevés par Norbert DUFOURCQ, historien de l’orgue – notamment ceux concernant la transmission pneumatique et le dédoublement de certains jeux, - qui vont susciter, 46 ans plus tard, le projet d’une nouvelle restauration.
Au début des années 1970, les pannes se multiplient et l’instrument est à bout de souffle. Sous l’impulsion de l’Association Valéran-de-Héman, nouvellement crée, la reconstruction est décidée en 1976. Les travaux, nécessitant 20000 heures de mains-d’œuvre à partir d’éléments anciens, sont réalisés en deux ans par les établissements DANION-GONZALEZ. Le nombre de claviers passe alors de 3 (l’orgue de Victor GONZALEZ) à 5 claviers manuels et pédalier (traction mécanique des notes à rubans d’acier). Ceux-ci font chanter quelques 4780 tuyaux répartis sur les 67 jeux que compte ce grand instrument de synthèse. Financé conjointement par la Ville de Meaux, le Conseil Général de Seine-et-Marne et l’Évêché de Meaux, il a été officiellement inauguré le 8 juin 1980.